Des vies entre deux pays
Ils sont arrivés pour la plupart pendant les 30 Glorieuses, pour trouver du travail et soutenir la famille au pays. Et ils sont restés. Toute leur vie. Loin de leurs parents, leurs femmes, leurs enfants. Ils ont construit nos routes, nos ponts, nos maisons, ils ont travaillé dans nos supermarchés, sur nos marchés, l’un d’eux a combattu dans l’armée française.
Aujourd’hui retraités, ils restent ici, seuls, pour ne pas perdre leur minimum vieillesse, et aussi parce qu’il est difficile de trouver sa juste place là d’où l’on vient quand on est parti si longtemps. Leurs vies sont rythmées par les aller-retour entre « ici » et « là-bas ». Un droit fondamental à rejoindre les siens limité d’abord à six mois par an, puis à trois mois…
Depuis un an et demi, au sein du foyer Trépillot où ils résident, un ancien tirailleur sénégalais et sept anciens travailleurs immigrés, venus dans leur jeunesse d’Algérie ou du Sénégal, ont participé à des ateliers « récits de vie », une invitation à raconter leurs histoires, à se découvrir entre eux autrement et à rendre visibles leurs parcours.
Exposition à voir du lundi au vendredi, de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h; le samedi, de 9 h à 12 h.
Illustrations : Marie Nortier.
Textes : Caroline Lefebvre, association Place aux histoires.
Lectures : Ayoub, Maya, Nawal, Somaya, Wassim et Aboubacar.
